[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xxdc1d_arcelor-siderurgie-politique-industrielle_news[/dailymotion]Alors que l’avenir est de plus en plus incertain pour de nombreux sites sidérurgiques en Europe, mercredi 6 février, plus de 1500 salariés du groupe Arcelor-Mittal venus de France, de Belgique et du Luxembourg, manifestaient aux abords du Parlement européen. Un mot d’ordre : défendre l’avenir de la sidérurgie en Europe. Nathalie Griesbeck revient sur la nécessité pour l’Union Européenne de se doter d’une politique industrielle forte.
La manifestation ponctuée de heurts parfois très violents coïncidait avec la publication, mercredi, par le géant mondial de l’acier d’une perte nette de 3,73 milliards de dollars pour 2012, du fait notamment de la mauvaise santé de ses activités en Europe et du coût des restructurations. ArcelorMittal a notamment annoncé une perte opérationnelle de 2,2 milliards d’euros au quatrième trimestre pour sa division d’aciers plats carbone Europe, qui inclut les sites de Florange et de Liège. Mais pour Nathalie Griesbeck qui se bat depuis de nombreux mois pour le maintien de l’activité sidérurgique à Florange, « Mittal est le seul responsable de ces résultats ». Et de poursuivre : « Depuis que le groupe Mittal a repris différents sites en Europe, des dizaines de milliers d’emplois ont été détruits. A l’époque lorsqu’il est arrivé en Lorraine, j’avais mis tout le monde en garde contre les dérives possibles, car Mittal n’est pas un industriel, c’est un financier dont la seule logique est la rentabilité à court terme ».
Mais aujourd’hui, pour beaucoup un constat s’impose : les Etats ne peuvent plus rien, c’est à l’Europe d’apporter une réponse. Nathalie Griesbeck abonde dans ce sens. Pour la députée du Grand Est « l’Union européenne doit se doter d’une véritable politique industrielle européenne. Nous ne pouvons plus laisser notre industrie sans protection, laissée au seul dogme ultra-libéral de la Commission européenne. » Et de conclure : « Je suis convaincue qu’il existe un avenir pour la sidérurgie en Europe. Seulement nous devons nous donner les moyens de nous garantir cet avenir. Des outils existent. Je pense en particulier à l’innovation technologique et en particulier au projet ULCOS qui aurait permis à la sidérurgie européenne de faire un bond en avant ».
Interview de France 3 sur la situation de la sidérurgie en Europe et de la nécessité d’envisager une vraie politique industrielle européenne
12 février 2013